Taté: les 8×2 boucliers pour le combat

Concept technique du Taté

Taté, le mot japonais signifiant  bouclier, qui est la clef pour mener efficacement le combat de percussion.
Dans le combat de percussion, nous pouvons former et utiliser l’équivalent du bouclier avec le corps, c’est la technique du taté. Il s’agit d’un nouveau concept technique dans le combat de percussion. Mais si le concept est nouveau, cette technique est aussi ancienne que l’art du sabre dont la culture a évité la conceptualisation technique, ce qui est la principale cause de la difficulté pour la traduction en langue moderne, y compris en Japonais.
La technique du bouclier, celle du  taté,  est essentielle pour l’art du combat de percussion. Pour la réaliser avec efficacité, il faut passer par l’exercice du kikô. Car la technique du taté nécessite la mobilité ainsi que la force produite à partir des zones des chakras qui seront formées par les exercices du kikô. Dans l’exécution technique, l’activation des zones des chakras doit s’associer avec l’intégration globale du corps.La défense active La garde de l’adversaire ne signifie pas seulement la position de défense, mais la position de garde doit se transformer à tout moment en attaque.

Pour mieux se rendre compte de l’implication de cette position, voici une situation comparable.
Imaginons que vous attaquez une forteresse gardée par des soldats armés qui sont prêts à tirer sur les ennemis qui s’approchent. Dans ce cas, la garde représente une attaque virtuelle. Vous savez que celui qui s’en approche recevra une attaque, donc vous ne risquez pas de vous en approcher tant que la garde est prête à tirer.

Si vous voulez vous en approcher en toute sécurité, soit vous avancez derrière un bouclier suffisamment large et robuste, soit vous devez neutraliser la garde.

La position de garde de combat est comparable. Car, n’oublions pas que la position de garde peut se transformer à tout moment en attaque. Donc la garde est une attaque virtuelle. Si la garde se transforme en une attaque, vous la parez. C’est la défense passive, face à l’adversaire qui a pris l’initiative d’attaque.

Mais, avant même que la garde de l’adversaire se transforme en attaque, si vous la neutralisez, c’est une défense active.

Empêchant la garde de l’adversaire de se transformer en attaque, la défense active est celle par laquelle vous pouvez créer un instant opportun pour réussir votre attaque. Nous pouvons considérer que la défense active est une clef pour gagner au combat.

Habituellement, la défense est conçue sous un angle passif, mais la défense passive est insuffisante. Il faut concevoir activement la défense si vous voulez mener le combat à votre avantage.

L’idée de la défense active va plus loin. Car elle peut aller jusqu’à la dissuasion. Si, chaque fois que l’adversaire prend la garde pour attaquer, vous la cassez, vous étouffez son attaque virtuelle. En étouffant les attaques virtuelles, vous parviendrez à étouffer son intention de l’attaque. C’est l’idéal de la défense active.

Sitôt que l’adversaire prend la garde, vous la cassez. Cela signifie que sitôt qu’il veut prendre la garde pour attaquer, vous la cassez afin qu’il ne puisse même pas la prendre. Pour aller plus loin encore, sitôt qu’il pense prendre la garde pour attaquer, vous étouffez sa pensée, soit par votre attitude, soit par l’expression de votre énergie, c’est bien plus que la feinte. Vous empêchez ainsi sa pensée de vous attaquer.

Je pense qu’en poussant cette attitude technique, nous pouvons chercher à conduire l’adversaire à une situation où il aura du mal à placer sa force. Mais dans la pratique, il ne s’agit pas d’idéaliser. Nous allons nous exercer d’une manière stable aux techniques du taté et ura-taté qui nous conduiront aux défenses passive et active, ce qui nous permet d’accéder à une perspective ouverte des arts martiaux.

NB/ Pour que la technique du taté soit efficace, il faut savoir activer les chakras en intégrant globalement le corps, d’où la nécessité de la pratique du kikô et du ritsu-zen. Durant le stage, nous avons appliqué les techniques du tai-chi-chuan sous cet angle.
Exercices du taté

– La position de départ est unique, car la technique de bouclier s’exerce toujours à partir d’une position qui correspond à celle du ritsu-zen avec les paumes dirigées en face à la hauteur du sternum. C’est aussi une position basique du combat où vous vous sentez prêt à vous défendre ou d’attaquer.
– A partir de cette position de base, vous pouvez former la technique du bouclier de 8 manières différentes. Chaque bouclier répond à la situation particulière d’une attaque.
Lorsque vous utilisez la technique du taté (bouclier) en défense active, elle comportera naturellement et spontanément une technique d’attaque.
Vous le voyez dans les images filmées.
Voici les principales techniques de bouclier ou de taté :
1- Osae-taté : bouclier appuyant (contre un coup direct au tronc ou au visage)
( fermeture des chakras)
2- Uki-taté : bouclier flottant (contre un coup direct au visage)
(ouverture verticale des chakras)
3- Maneki-taté : bouclier en réception (contre un coup direct au tronc ou au visage)
(ouverture, puis la fermeture oblique des chakras)
4- Hiki-taté : bouclier (en ramenant) (contre un coup direct au visage)
(fermeture des chakras)
5- Sashi-taté  : bouclier perçant (contre un coup direct au tronc ou au visage)
( fermeture des chakras)
6- Toji-taté : bouclier de fermeture (contre un upper cut)
(fermeture des chakras)
7- Hari-taté-jôdan: bouclier en ouvrant en haut (contre une frappe circulaire au visage ou un coup de pied circulaire)
(ouverture horizontale des chakras)
8- Hari-taté -gedan: bouclier en ouvrant en bas (contre une frappe circulaire au tronc ou un coup de pied direct ou circulaire)
(ouverture horizontale des chakras)

Approfondissement de Taté

Pour l’exercice et l’application du taté, il existe omoté (technique apparente) et ura (technique dissimulée). Les techniques expliquées ci-dessus sont celles des omoté-taté.
La technique de ura-taté pourrait avoir un effet spectaculaire, car par l’application de cette technique face à une attaque de poing ou de pied de l’adversaire, elle vous permettra quelque fois de vous placer face au dos de l’adversaire. Il ne s’agit pas de chercher cette situation qui pourrait plaire à un spectateur pour qui la qualité de la pratique l’intéresse peu.
Je vous explique simplement la logique de la construction technique dont la compréhension nécessitera probablement la vision des images.
Vous ne pourriez exécuter efficacement ura-taté que lorsque vous vous êtes parvenu à bien exercer des omoté-taté. Car ce dernier se réalise en rajoutant un geste sur le premier. A savoir, vous croisez l’autre main à la manière de « croiser en diagonale ». Cette application technique est appelée quelques fois « kôsa-hô », méthode de croisement.

Détails techniques

Pour réaliser la technique ura-taté, il faut d’abord bien intégrer la technique d’omoté-taté.
Vous parez d’abord avec omoté-taté. Vous croisez en même temps l’autre main en « kôsa-hô ». Cette main pourra faire pivoter corps de l’adversaire à un petit angle, tandis que vous pivoterez en même temps à un autre petit angle opposé. Par l’addition des mouvements de pivot aux deux directions opposées, l’efficacité technique se produit. C’est-à-dire : ¼ de cercle +¼ de cercle = ½ cercle = face au dos de l’adversaire. Ainsi avec une parade vous vous situez face au dos de l’adversaire.
C’est un fait simple. Mais pour le réaliser dans le combat, il ne faut pas le chercher, car il doit venir spontanément. C’est là le résultat de l’entraînement.
Comme j’ai expliqué plus haut, l’efficacité de technique du taté dépendrait de la qualité de l’activation des chakras et des muscles volontaires secondaires.(Rappel)
L’explication verbale paraît complexe, mais vous pourriez comprendre immédiatement en visionnant des images filmées.

Ura-taté et le légende de sankaku-tobi

Dans le légende du karaté classique existe une technique nommé « sankaku-tobi » qui de traduit littéralement par « le saut triangulaire ». Mais cette expression d’origine n’est pas tout à fait juste pour exprimer ce qu’elle veut exprimer. Elle aurait du s’exprimer plutôt « sauter et former en l’air un angle comme ^ en horizontal », ce qui pourrait dire aussi « sauter en contournant l’adversaire pour se placer derrière lui, et face à son dos ».
Cette légende du karaté ancien exprime une situation de combat où un combattant se place le dos au falaise au pieds de laquelle la mer se déchaîne en faisant entrevoir des roches rudes. Il ne peut plus reculer. Il est dans une situation limite… C’est alors que l’adversaire lui lance une attaque. Que faire ?
A cet situation où il ne peut en aucun cas reculer, il sautez vers son adversaire, mais en le contournant légèrement. Ce qui a fait inverser la position des deux combattants. Il est face à l’adversaire qui se place maintenant son dos au bord de falaise…
Telle est la situation raconté de « sankaku-tobi » dans le légende du karaté classique d’Okinawa.
A propos de cette technique légendaire, voici mon expérience.
Me Shôzan Kubota était un des aînés de mon dojo de karaté à l’université Hitotsubashi au Japon. Il était un des brillants élèves de Me Gichin Funakoshi. Durant sa jeunesse, il a été surnommé « Kubota de sankaku-tobi ». Car, lorsque son adversaire attaquait, S. Kubota se trouvait souvent face au dos de son adversaire. Aux yeux des autres, il paraissait que Kubota a fait un rapide geste de saut en avant oblique pour se trouver dans cette position.
Vivant en France, je rentrais au Japon chaque année pour recevoir son enseignement entre mes 28 et 36 ans.
Un jour, je lui ai posé une question.
«  Maitre, j’ai entendu parler que vous étiez surnommé «Kubota de sankaku-tobi » dans la jeunesse. Que veut dire la technique de sankaku-tobi ?  Comment est-il possible de sauter d’une manière courbée comme dit cette expression ? »
Sur ce, maître Kubota me répondit :
« Personne ne peut sauter en changer la direction en air. L’expression sankaku-tobi n’est qu’une description de conséquence technique. Je n’ai jamais sauté, mais le résultat était comme si j’avais sauté… L’essentiel de cette technique consiste à un taï-atari (collision volontaire). Lorsque l’adversaire lance son attaque, tu avance tout ton corps avec autant sinon plus d’élan que ton adversaire tout en te plaçant ton corps en oblique. A l’instant de collision il te faut un petit mouvement subtil. C’est ce que tu élaboreras toi-même… »
La technique d’ura-taté est le résultat de mon élaboration personnelle.

1- Osae-taté : bouclier appuyant (contre un coup direct au tronc ou au visage) ( fermeture des chakras)

 

2- Uki-taté : bouclier flottant (contre un coup direct au visage) (ouverture verticale des chakras)
3- Maneki-taté : bouclier en réception (contre un coup direct au tronc ou au visage) (ouverture, puis la fermeture oblique des chakras)
4- Hiki-taté : bouclier (en ramenant) (contre un coup direct au visage) (fermeture des chakras)
5- Sashi-taté : bouclier perçant (contre un coup direct au tronc ou au visage) ( fermeture des chakras)
6- Toji-taté : bouclier de fermeture (contre un upper cut) (fermeture des chakras)
7- Hari-taté-jôdan: bouclier en ouvrant en haut (contre une frappe circulaire au visage ou un coup de pied circulaire) (ouverture horizontale des chakras)

8- Hari-taté -gedan: bouclier en ouvrant en bas (contre une frappe circulaire au tronc ou un coup de pied direct ou circulaire) (ouverture horizontale des chakras)