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Articles publies dans la revue Dragon Mag de 2013 et 2014

Stage 2017 Journée 1 Sensei Tokitsu & Dr Yayama

Stage de Sensei Tokitsu & Dr Yayama

AOÛT 2017 – BARCELONE

 Notes prises par Claude Bauhain sur la partie Kiko du Stage

Ces notes sont destinées aux participants du stage qui ont en mémoire la pratique des exercices .

PREMIÈRE JOURNÉE

Pourquoi faisons-nous le kiko?

  • Pour obtenir une grande force
  • Pour améliorer notre santé et notre sensibilité
  • Pour obtenir la capacité de soigner
  • Pour nous rapprocher d’une plus grande compréhension de la vie
  • Pour entraîner le pouvoir de notre cerveau

Le stage de cette année sera centré sur l’entraînement du pouvoir du cerveau. Pour y parvenir, nous nous appuierons sur la  relation corps / voix / image:

  •  le corps contribue à l’approfondissement du shoshuten et du daishuten par le travail des chakras,
  • la voix avec les mantra vise à la concentration et au développement en profondeur,
  •  les images : nous allons beaucoup parler des chakras, mais comme il est très difficile de se les représenter, nous allons nous centrer sur ces différentes sections du corps avec des images.

Nous ferons d’abord un travail du corps pour activer le shoshuten et le daishuten à partir d’exercices avec la voix et d’un travail avec les images,

Il existe une différence entre notre propre volonté et notre capacité de concentration.

De nombreuses personnes disent qu’est-ce que les chakras?  je ne comprends pas.

Il faut faire la différence entre être capable de comprendre et être capable de faire, faire veut dire produire un effet. On peut comprendre intellectuellement, mais on n’arrive pas toujours à ressentir et à faire.

Il faut passer par la méditation et par l’exercice afin de pouvoir comprendre.

Vous pouvez chercher à vouloir faire de façon scolaire, votre attention dirigée en grande partie vers la compréhension intellectuelle, mais vous ne comprendrez bien ce que sont les chakras que si vous arrivez à faire avec votre propre corps. Vous pouvez avoir lu toute la littérature sur les chakras, cela ne veut pas dire que vous aurez compris. Parfois la logique de ce qu’on sait sur le corps empêche la compréhension des chakras. Même avec beaucoup de savoir sur le corps humain un professeur a toujours des difficultés à communiquer avec ses élèves car il y a des blocages dans le corps.

Il s’agit d’être capable de faire, c’est à dire de produire réellement l’effet et le phénomène. Ensuite de le mettre en mémoire et d’être capable de les faire ressurgir.

Pour faire sortir une grande force, le geste ne suffit pas, vous n’y parviendrez que si vous vous placez dans la disposition d’esprit qui convient. En aïkido, si vous pensez qu’en exerçant le corps, vous pouvez atteindre d’aïki, vous vous trompez, il faut aussi s’exercer à l’aïki avec le cerveau. La plupart du temps, l’entraînement en aïkido touche seulement le corps.

Le Dr. Yayama et moi cherchons une méthode pour toucher directement le cerveau.

Tokitsu Yayama Photo de Groupe

Il y a des phénomènes qu’on peut réaliser, même si on ne les comprend pas, ensuite si on parvient à une compréhension par la logique, cela renforce les résultats.

Il existe une expression japonaise difficile à traduire qui rend compte des étapes à parcourir pour pouvoir faire sans comprendre :

  • C’est très bien
  • Je ne connais pas : vous ne comprenez pas, vous ne savez pas faire
  • Excellent : surprise par rapport à l’expérience précédente
  • Le monde est grand : à partir de votre expérience votre perception du monde grandit
  • C’est vrai : l’expérience se situe au-delà de la logique.

Exercices

Premier schéma du circuit cosmique

Les exercices reposent sur ce que le Dr Yayama a découvert comme mode de circulation du ki.

Vous allez former l’image du shoshuten à partir des chakras.

Sur les schémas sont représentés les chakras situés au niveau des 3 tanden :

  1.             jo-tanden, tanden supérieur au niveau de la tête (3ème œil)
  2.             chu-tanden,  tanden moyen au niveau du sternum
  3.             ka-tanden, tanden bas au dessous du nombril.

Au cours de l’entraînement, il faut d’abord bien incorporer l’exercice et ensuite vous arriverez à faire sortir le ki. C’est seulement lorsque vous avez incorporé beaucoup d’énergie dans le chakra que vous pouvez le faire sortir.

– Exercice du pendule.

– Mouvement avant-arrière: incliner  et relever le buste en accompagnant avec le mouvement des bras, dans un sens puis dans l’autre, faire varier l’amplitude.

Marche sur place en faisant monter les bras devant le corps et en les faisant descendre vers l’arrière.

Ensuite former la boule de ki et relier les 3 chakras en transformant le mouvement.

Faire le même exercice en faisant monter les bras par l’arrière.

– Balancier: exercice de mouvement des bras par côté dans le sens vertical.

Pieds écartés au sol, l’un des bras monte par côté jusqu’au dessus de la tête, tandis que l’autre descend, le buste s’incline par côté en suivant le mouvement, soulever légèrement le pied du côté du bras qui descend. Lorsque le mouvement est assimilé, le transformer pour que les tanden bougent.

Faire le mouvement pour chacun des 3 chakras, puis lier les 3.

Le mouvement est petit lorsqu’il est centré sur un chakra, puis plus ample pour lier les 3.

Démonstration de la force générée par l’exercice  avec appui sur les mains du partenaire.

Le mantra

 

 

 

 

Lorsque vous faites le même geste avec le mantra vous développez davantage d’énergie, le mantra comporte deux sons qui s’intègrent aux exercices:

Tokitsu Yayama Photo de Groupe

Fu-N, prononcer fuu…N, le u est long et le n peu accentué.Le son correspond à la concentration d’énergie

Sva-Ha, le v est un son entre le b et le v, le Ha est long. Le son correspond à l’expansion.

Comme au théâtre ou en musique, il convient de tenir compte de l’ampleur et de la durée des sons, d’abord les énoncer de façon claire puis moduler.

– Mouvement circulaire horizontal,

Dans cet exercice les bras entraînés par le mouvement circulaire tournent autour du corps, devant le bras vient au niveau du sternum, derrière au niveau du bas du dos. Écarter largement les bras pour ouvrir au moment de l’expansion Sva-Ha. Le shoshuten comprend une sorte de souhait pour partager le bonheur.

Il s’agit de  faire tourner les 3 tanden pour prendre des forces et les projeter.  Effectuer d’abord le mouvement avec les 3 tanden, ensuite faire l’exercice pour chacun des 3 en adaptant la position des bras, puis lier les 3. La fonction du shoshuten est de rassembler l’énergie.

Lors des mouvements circulaires du corps avec les bras très écartés la jambe tourne, talon levé, genou rentré, en suivant le mouvement.

En accord avec le mouvement s’aider des sons: Fu-N pour faire entrer l’énergie et Sva-Ha pour la faire sortir.

-Spirale et exercice du système solaire

Tourner les bras vers l’intérieur, en spirale est une méthode pour former l’énergie à l’intérieur de son corps. Fu-N : main vers l’extérieur, Sva-Ha main vers l’intérieur. Tenir compte du fait que l’être humain a plus de résistance de face que de côté.

L’objectif est de fusionner le shoshuten et le daishuten, vous y parvenez lorsque le shoshuten renforcé se transforme en daishuten:

Tokitsu Yayama Photo de Groupe

Pour cela il est nécessaire de former et renforcer l’axe central en activant simultanément les 2 directions du ciel vers la terre et de la terre vers le ciel, ainsi vous renforcez le chemin de l’énergie qui traverse le corps.

A deux, faire le o’ring test, debout puis courbé, avant et après l’exercice, comparer.

 

Si l’on pense que l’univers est vaste et qu’on fait partie, on peut condenser en parlant de système solaire. Vous allez imaginer le système solaire et la lumière matinale qui entrent dans votre corps. Dans cet exercice, vous aspirez l’énergie de la terre et l’énergie du soleil. Au lieu de vouloir comprendre, faites afin d’expérimenter l’effet.

Les paumes se faisant face au niveau du milieu du corps, monter une main et descendre l’autre, continuer le mouvement avec les 2 bras largement ouverts tournant par côté et revenant de face pour que les paumes se croisent à nouveau. Les gestes visent à effectuer une sorte d’absorption simultanée du soleil et de l’énergie de la terre. Absorbez les deux énergies en même temps afin de renforcer le ritsu zen. Tourner dans un sens , puis dans l’autre.

– La boule d’énergie

Ensuite, en position de ritsu zen former la boule d’énergie en engageant les doigts l’un après l’autre à partir du pouce puis les paumes. Répéter l’exercice en tournant vers l’intérieur puis l’extérieur, ensuite vers le haut puis le bas. Pour terminer ramener la boule d’énergie au tanden bas.

Application à deux: situer la zone de fragilité du partenaire avec le o’ring test, ensuite appuyer la boule de ki, sur cette zone.

 

Questions-réponses

2017 Questions Reponses

– Soigner avec le ki –  Il existe aujourd’hui une conscience générale que ce n’est pas la capacité énergétique personnelle qui est efficace, mais que l’on utilise l’énergie de l’univers. L’exercice du circuit cosmique est une méthode de conduite de l’énergie qui permet de soigner et de s’entretenir soi-même.

– L’effet thérapeutique sur les animaux – Un homme est connu aux USA pour sa capacité à calmer immédiatement les chiens agressifs. L’explication est qu’il dégage de l’ocytocine, hormone  qui empêche le chien de faire sortir son adrénaline. Cette hormone fait ressentir la sensation d’être aimé par… ce qui peut dénouer une situation de combat. Elle est à la base de l’aïki, selon son fondateur, l’aïkido est un art qui fait s’effacer l’agressivité de l’adversaire. Un tel niveau ne peut être atteint par la seule pratique physique , mais en travaillant aussi l’aspect spirituel de l’aïkido.

– Qu’en est-il de la nocivité de l’électromagnétisme artificiel –  Celui-ci est négatif car il casse la porte entre le cerveau et le courant du sang. Au Japon une enquête a été menée pendant 7 ans sur 6000 jeunes et montre le lien entre l’utilisation plus ou moins prolongée des téléphones portables et smartphones et les résultats scolaires.

Le Dr. Yayama a constaté que lorsqu’un patient utilise voiture hybride, smartphone et ordinateur il est extrêmement difficile que les soins aboutissent. Au Japon il y a un blocage des informations sur les voitures hybrides par Toyota.

Le Dr Yayama a accompagné certains exercices par une musique dont les sons  liés à l’alternance Fu-N

/Sva- HA entrent en vibration avec les chakras et continuera pendant la suite du stage.

2017 Dr Yayama Musique

Il termine par une détente en musique.

 Musique et détente

Deuxième Journée

Troisième Journée

Quatrième Journée

Programme pédagogique

Après avoir étudié pendant une dizaine d’années le karaté au Japon, je suis arrivé en France en 1971 pour travailler comme assistant du défunt Me. Kasé tout en poursuivant mes études de sociologie à la Sorbonne. J’avais 23 ans. Je m’entraînais entre 7 à 8 heures par jour.

En 1972, j’ai eu la chance de rencontrer Me. H. Kanazawa qui rendait visite à Me. Kasé chez qui j’étais logé. J’ai eu la chance de recevoir son enseignement. Il nous a montré sa synthèse du karaté et du tai-chi-chuan qui m’avait alors très surpris et profondément intrigué.

Une douzaine d’années plus tard, lorsqu’il vint diriger un stage de karaté à Paris, j’ai assisté à sa présentation finale du kata « Meikyô) ». J’ai été choqué car je n’ai pas eu l’impression de revoir le karatéka qui m’avait si profondément impressionné auparavant. Il m’apparut alors comme une tout autre personne. Après le stage, j’ai eu l’honneur d’être invité par Maître Kanazawa pour le dîner. Lors de notre conversation durant le repas, il m’a proposé de diriger son école SKI en France. C’était un honneur pour moi, mais j’ai refusé tout en le remerciant.

Lors de la conversation, certaines de ses paroles m’avaient profondément choqué.

Le mur de 45 ans

« Dans ma vie de karaté, mon apogée vint quand j’ai eu 45 ans. Depuis cet âge, je suis continuellement en chute et aujourd’hui, je suis rouillé et cassé de partout. »

Ce furent les paroles du maître de karaté Shotokan en qui je portais la plus grande estime pour ses techniques et sa personnalité. Dans le milieu du karaté, je n’avais jamais rencontré jusqu’à ce jour une personne avec d’aussi grandes qualités humaines. Malgré ses fortes compétences, sa modestie et sa compassion pour les autres étaient admirables. Je n’ai jamais changé cette  appréciation.

Ses paroles m’ont poussé à la réflexion sur la méthode et m’a mené à élaborer le concept du « mur de 45 ans » que j’ai développé dans l’une des séries de mes 5 livres sur la méthode.

Stimulé et poussé par les paroles choquantes qu’il avait prononcées, j’ai réfléchi en observant à nouveau les maîtres de karaté que je connaissais. Dans ma voie du karaté en Shotokan, j’ai connu sept maîtres exceptionnels qui m’ont apporté des points de repère et des objectifs. Ils étaient les références de ma pratique. Leurs images m’ont continuellement poussé pour avancer. J’écoutais attentivement jusqu’aux conversations des maîtres, surtout celles des réunions privées, et aussi celles qui se déroulaient dans les vestiaires lors des stages.

J’observais attentivement leurs qualités mais aussi leurs problèmes de santé qu’ils ne montraient jamais aux élèves, que ce soit dans la salle d’entraînement ou lors des stages. En réfléchissant avec le recul, ils ont sans exception heurté ce « mur de 45 ans » qui marquait le chemin déclinant que des élèves admiratifs envers leur maître ne percevaient pas. Sur ces sept maîtres, cinq sont décédés à un âge où ils auraient dû être encore bien actifs. Je trouve cela tellement dommage et je ressens beaucoup de tristesse.

Le « mur de 45 ans » ne se dresse pas tout d’un coup à l’âge de 45 ans. Il commence à se former dès le début de la pratique d’une discipline.

Il y a 40 ans, j’ai eu un élève qui enseignait le karaté dans un dojo de province. Il avait de nombreux élèves parmi lesquels le plus jeune était âgé de 3 ans et demi et qui était vraiment passionné par le karaté. Lors du gala annuel de la région, il emportait toujours un prix de mérite. Il était doué. Lorsqu’il faisait la démonstration d’un kata lors du gala, tous les spectateurs l’applaudissaient avec joie. Le petit garçon était fier.

En effet, les démonstrations de jeunes enfants lors d’un gala de karaté sont spectaculaires et très plaisantes pour des spectateurs enthousiasmés s’exclamant parfois de paroles encourageantes telles que :« c’est un enfant prodigieux ! » Ils ont l’air de penser que le karaté est un sport éducatif. Mais est-ce bien vrai ?

Deux ans plus tard, après l’un des stages que je dirigeais dans le club du professeur de ce jeune garçon, sa mère est venue me voir avec un air inquiet. Elle m’a avoué : « je suis inquiète pour mon fils car lorsqu’il déplie son bras, son coude fait un bruit inquiétant. Pourtant il n’a que cinq ans.» En effet, à chaque extension de bras pour donner un coup de poing, son coude émettait un bruit de craquement. Je n’ai pu que lui conseiller d’aller voir un médecin pour son petit. Un an plus tard, j’ai entendu son professeur  dire que ce jeune élève avait abandonné le karaté…

Selon moi, le « mur de 45 ans » ne se dresse pas d’un seul coup tel un champignon. L’exemple de ce petit garçon démontre que ce mur commence à se former très tôt. Lorsque j’étais étudiant au Japon, j’ai souffert moi-même de maux aux coudes durant quelques années. J’ai eu des fractures sur les deux avant-bras ainsi qu’au tibia. J’ai subi plusieurs autres problèmes, ce qui me fait comprendre les plaintes émises parfois par certains élèves.

Je dirais que les racines du « mur de 45 ans » sont inhérentes à la méthode et au système du karaté contemporain dont la pratique technique contribue à la concrétisation de ce mur, formé par la détérioration articulaire. Puisque j’ai analysé également ce problème dans l’un de mes livres, avançons notre réflexion pour le moment, sans nous attarder.

La plupart de mes prédécesseurs sont malheureusement décédés à un âge où ils pouvaient encore être actifs pour affiner leur art, ce qui m’apporte un sentiment de désolation. Les paroles de Me. Kanazawa ont accentué ma tristesse en me rappelant ces défunts maîtres. Ils étaient d’autant plus brillants que leur souvenir me remplit de sentiments de désolation et de tristesse.

Comment dépasser le mur de 45 ans ?

Il nous faut tenter de dépasser ce « mur de 45 ans », surtout en arts martiaux traditionnels dont la pratique est censée se confondre avec la durée de la vie. Jusque dans les années 1950, la longévité d’une vie au Japon se situait autour de la cinquantaine, alors que de nos jours, celle-ci peut atteindre les 85 ans. Les centenaires ne sont plus rares à notre époque. Si nous pratiquons et continuons à considérer le modèle technique du karaté mis au point dans les années 1930 à 1940 comme des codes divins, il y a forcément un décalage entre la réalité et l’idéal recherché.

Pour que nous pratiquions aujourd’hui de manière positive, il ne s’agit pas de s’exercer en durcissant notre état d’esprit, ni de reproduire les modèles du passé, mais de réfléchir sur une méthode de pratique avec le concours de connaissances rationnelles.

L’objectif et la méthode que je propose

En ce qui concerne ma méthode de pratique, celle-ci comporte  les trois axes suivants :

  1.  la recherche et le renforcement de la santé par l’exercice du kikô ou qi-gong.
  2.  l’exercice corporel qui procure le bien-être par la pratique du tai-chi-chuan.
  3.  obtenir l’efficacité en art martial. Pour ce faire, nous mettons l’accent sur les exercices du ritsu-zen 立禅,  autrement dit du zhàn-zhuang  站椿 .

Pour mieux comprendre l’importance du ritsu-zen ou du zhàn-zhuang, je vous invite à lire dans notre site mon compte rendu du stage 2017 à Lausanne.

Dans la réalité de la pratique, l’ordre de ce schéma pourrait être renversé, c’est-à-dire :

  1. pratiquer les arts martiaux en cherchant à réaliser sa plus grande efficacité,
  2. avec plaisir,
  3. vous pourrez acquérir et renforcer votre santé.

Autrement dit, les efforts donnés pour rechercher l’efficacité en art martial comporteront du plaisir pour finir par consolider notre santé. Dans ce cas, tout en poursuivant une pratique plaisante, nous obtenons l’efficacité tout en renforçant notre santé.

J’ai nommé la pratique de ma méthode par le terme «  Jisei-dô ». Jisei  ou 自成 signifie « pratiquer une discipline soi-même afin de se former soi-même » et dô ou signifie l’itinéraire ou la voie de la vie, car le Jisei-dô se pratique tout au long de la vie.

Il ne s’agit pas simplement de parler ou d’observer pour comprendre de manière intellectuelle l’idée et la façon de pratiquer, mais avant tout de pratiquer soi-même (ji-sei) comme chacun dirige l’itinéraire de sa propre vie (dô).

Pour la réalisation de cet objectif, je conçois la synthèse des trois disciplines suivantes :

  1. Le Kikô (Qi-gong en Chinois) pour la santé.
  2. Le tai-chi-chuan pour le plaisir d’activer le corps.
  3. L’approfondissement d’une discipline des arts martiaux que chacun choisit pour développer l’efficacité. En ce qui me concerne, j’ai choisi un art martial de percussion (chuan), étant donné que ma formation de base était le karaté.

Le concept du Jisei-dô自成 s’appliquerait plutôt à n’importe quel art au sens large du terme : ce peut être l’art de la musique, de la danse, de la peinture, de la sculpture, du théâtre….

J’ai connu des artistes qui pratiquaient leur art en le confondant avec leur propre vie.). Ils produisent leur art comme ils créent leur mode de vie. Je me suis dit qu’ils pratiquaient leur Jisei-dô. Dans ce sens, le Jisei-dô n’est pas une discipline institutionnalisée, et en en parlant d’une manière plus rigoureuse, il n’est même pas une école, mais un mode de vie. Je pratique donc Tokitsu-ryû Jisei-dô.  Le mode de pratique du Jisei-dô n’est pas unique.

 La pratique du  Tokitsu-ryû Jisei-dô

            1– La pratique des arts martiaux nécessite le dynamisme corporel, découlant en premier lieu sur la pratique et  la recherche de la santé physique qui est pour nous le kikô ( appellation japonaise du terme Chinois qi-gong, tout comme le taï-chi-chuan s’appelle taï-kyoku-ken en Japonais). Nous appliquons dans ce domaine le Yayama kikô (qi-gong mis au point par le Dr. Yayama). Cette méthode est basée en particulier sur la mobilisation de la colonne vertébrale et le renforcement des muscles profonds liés à la mobilité de la colonne vertébrale.

La mobilité de la colonne vertébrale est liée à l’activation des sièges de l’énergie vitale, appelés chakras en yoga. Ces sièges produisent chacun une forme particulière de vibration. Dans le domaine de la médecine de vibration dont le Dr. Yayama est un praticien, plus d’une quarantaine de  chakras (sièges de l’énergie vitale) sont repérés. En incluant la recherche de l’activation des chakras, notre exercice débordera de la simple gymnastique  corporelle car il va naturellement comporter une forme de méditation. En effet la pratique du kikô (qi-gong) nécessite un travail de « nèi-shi » : 内視 qui signifie « regarder l’intérieur du corps ». C’est une sorte de méditation.

            2– Nous pratiquons le tai-chi-chuan pour mettre en oeuvre les acquis de la pratique du kikô (qi-gong) afin de nous procurer le plaisir d’activer notre corps et notre bien-être, tout en nous exerçant aux gestes techniques variés du tai-chi-chuan. Nous appelons parfois le tai-chi-chuan : le kikô (qi-gong) dynamique.

Mais c’est trop simplement dit.

Il ne suffit pas de s’exercer simplement aux séquences du « taï-chi-chuan ». Si nous nous exerçons au  taï-chi-chuan en aiguisant notre « regard interne», nous pouvons découvrir que dans notre corps,  il existe plusieurs zones de muscles que notre intention ne parvient pas à activer. En quelque sorte, ces zones restent endormies. Pour augmenter nos capacités dynamiques, il faut les réveiller, mais aussi, pour développer les énergies vitales, l’activation des muscles internes et profonds doivent contribuer à stimuler et activer les organes vitaux et les viscères. Il faut nous exercer de sorte que le système nerveux active les muscles concernant ces fonctions.

            3– Sur la base de ces deux types de pratique précédents, nous nous exerçons à l’art du combat.

         La pratique positive de l’art du combat

Quel que soit la discipline, du moment qu’il existe des cadres réglementés, la pratique sportive du combat est une simulation. Pour qu’un pilote d’avion puisse prendre les commandes « réellement », combien d’heures d’exercices de simulation de vol aurait-il dû effectuer auparavant?

Pour nous qui vivons dans une société en paix (en principe), il serait préférable que l’exercice comporte les deux formes de qualités précédemment indiquées : la pratique du combat comporte une forme d’amusement, mais même en pratiquant le combat avec sérieux, c’est aussi l’exercice pour la santé, la sensation de bien-être et l’efficacité.

La méthode Hida : comment renforcer le corps et l´esprit

La méthode de Hida : comment renforcer le corps et l´esprit

 Aujourd’hui, la méthode des arts martiaux trouve en grande partie sa signification dans l’équilibre qu’elle apporte à notre vie. De ce point de vue, j’ai constaté un déséquilibre dans le travail des arts martiaux qui nécessite sans cesse le recours à d’autres méthodes spirituelles ou énergétiques pour compenser certaines défaillances ou déséquilibres. En ressentant les manques de la méthode du karaté, j’ai entrepris une recherche qui m’a mené à l’étude de différentes écoles qui, au Japon et en Chine, pratiquent un travail énergétique et parmi elles la méthode Hida.

 Qui était Harumitsu Hida ?

Harumitsu Hida
Harumitsu Hida

Harumitsu Hida était de santé très fragile. Adolescent, il décida d’améliorer son état de santé et commença à étudier seul, l’anatomie, la physiologie, en même temps que les différentes méthodes traditionnelles de renforcement physique orientales et occidentales. Il aboutit à prendre conscience du rôle essentiel du tanden, clef de voûte des arts martiaux orientaux et en approfondit la connaissance. Par ses longues recherches solitaires, et par un travail d’introspection dirigé principalement sur son corps, il finit par établir sa propre méthode qu’il nomma « Sei-chûshin-dô » (la voie du centre véritable). Grâce à cette méthode, il acquit des capacités physiques et mentales exceptionnelles et réalisa, à plusieurs reprises, des exploits surprenants.

Je pense que votre intérêt pour H. Hida et pour sa démarche augmentera si vous savez à quelle sorte de capacités il était parvenu, bien qu’à première vue leur véracité suscite quelques doutes. Cependant, il existe de nombreux témoignages concordants sur ces points. Citons quelques phrases que je traduis de son ouvrage « Sei-chüshin-dô », Hidashiki kyôkenjutsu, Ed. Sôjinsha, Saïtama 1980 :

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« Le 18 Juin 1922 (il était âgé de 39 ans), dans la nuit, je suis monté dans mon dôjô qui est une petite cabane de 4 m² solidement bâtie sur les grosses branches d’un arbre énorme… J’ai fait l’exercice des muscles grand oblique, qui est le quatrième de mes exercices de base. C’est celui des exercices de base auquel j’attache la plus grande importance.

Je me suis mis en position debout, les pieds largement écartés, en cambrant le bassin, j’ai levé les mains par les côtés jusqu’au-dessus la tête, tout en inspirant. A ce moment les genoux sont bien tendus et il faut sentir le poids du corps descendre jusqu’aux orteils.

J’ai croisé les mains au-dessus de la tête et abaissé les bras tendus en expirant. En même temps, j’ai rentré la poitrine, creusé le plexus solaire, poussé le bassin en arrière et donné une forme ronde à la partie basse du ventre. En même temps, j’ai fléchi les genoux et j’ai abaissé le centre de gravité en ramenant le poids du corps sur les talons.

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J’étais absorbé dans la répétition de cet exercice, ignorant ce qui était en face de moi.

 

J’ai ressenti tout d’un coup une grande puissance, effrayante, qui a jailli à partir du centre de mon corps, situé entre le bassin et le ventre, comme si j’avais entendu un son puissant.

 

J’ai eu l’impression que cette force traversait le parquet, pénétrait dans la terre, atteignait le centre de la terre, puis partait vers l’infini de l’univers. Je me suis dit :

« Oh ! C’est une force infinie ! »

 J’ai été convaincu qu’il s’agissait de l’énergie infinie, celle de l’univers, la source même de la vie. J’ai été rempli d’une immense joie, une joie consistante et tranquille à la fois, comme une montagne dans le calme profond du cosmos…

Rempli de joie, j’ai effectué l’exercice des muscles obliques en utilisant du kiaï. Lorsque j’ai posé puissamment mon pied droit sur le sol avec un kiai, j’ai entendu un bruit sourd.

  Qu’est ce qui était arrivé ? J’ai vu un trou de la forme de mon pied dans une solide planche de 2,5 cm d’épaisseur. Une seconde fois, puis. une troisième fois, j’ai effectué le même exercice. A chaque essai, mon pied a traversé la planche qui n’offrait aucune résistance. Au quatrième essai, en traversant la planche, mon pied a rompu le bois de support de 12 cm d’épaisseur en marquant nettement la forme du talon. Aujourd’hui je conserve dans mon dôjô la planche et le bois du support cassé pour commémorer cette expérience.

 Qu’est ce que cela veut dire ? Par la suite j’ai examiné avec soin la position et le mouvement de mon corps lorsqu’une si grande énergie l’a traversé. J’ai attentivement cherché pour quelle raison une telle force avait jailli.

J’ai compris. C’est du centre, brûlant comme un fer rouge, qu’émane une sincérité pure. J’avais traversé et étais allé au-delà des exercices basiques du kata, c’est-à-dire que j’avais formé deux forces équivalentes dans le ventre et dans l’arrière de bassin, ce qui nécessite une forme cambrée du bassin, les fesses sont bien poussées en arrière, le bas du ventre est poussé vers le bas, le plexus solaire n’est plus creusé et le centre de gravité était dirigé au-dessus du centre de chaque pied. C’est cela la forme juste.

 Après avoir traversé bien des difficultés, j’étais parvenu à une victoire finale. Il n’y a que ce principe qui puisse renforcer le corps et l’esprit à ce degré. Que cette sensation est agréable et pure. Comment pourrais-je communiquer aux autres cette expérience ? ».

 La méthode de transformation

hida-7En poursuivant l’élaboration de sa méthode, H. Hida tente ensuite de diminuer le temps requis pour les exercices quotidiens car il pense qu’il ne s’agit pas de s’exercer durant plusieurs heures chaque jour, mais de s’exercer le plus brièvement possible pour déclencher une marche juste du corps pour toute la journée. Il pense que dix minutes par jour d’exercice quotidien doivent suffire pour appliquer la méthode. Il écrit ensuite :

« Au fur et à mesure que j’avançais dans ma recherche j’ai commencé à raccourcir le temps. En commençant à dix minutes, je suis arrivé à cinq minutes, à deux minutes et demie. Finalement, aujourd’hui je n’ai besoin que de 40 secondes pour effectuer

les vingt gestes de mon exercice afin de faire jaillir une grande énergie du centre du corps. Pourtant je n’aurais jamais imaginé qu’une telle chose soit possible… ». hida-2

Dans sa démarche H. Hida adopte une attitude scientifique mais, depuis la nuit du 18 Juin 1922, il semble avoir acquis des capacités inexplicables. Il effectue, devant de nombreuses personnes, différentes expériences surprenantes, en disant : « Ce sont des choses dérisoires, , tout à fait logiques. ».

 

A suivre…

Kenji Tokitsu

Compte-rendu du Stage de La Réunion

Compte-rendu du Stage de La Réunion (22 octobre-06 novembre 2016)

Du 22 octobre au 6 novembre dernier, Senseï Tokitsu s’est rendu à La Réunion, à la rencontre de ses élèves de l’Océan Indien.

Organisé par Jean-Marc Hoareau, Patrick et Anne Mazaka, ce stage s’est déroulé dans 4 salles différentes entre St Denis et l’Entre-Deux.

Tenant compte de la demande des enseignants, l’approche de Senseï a été diverse selon les groupes concernés.

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Approche énergétique (Qi Gong) ou approche martiale (Boxe de l’énergie), Tai Chi Chuan de niveau débutant ou de niveau avancé, ont attiré, avec la participation active de Fernand Soubadou, Vincent Boyer et Émile Viracaoundin, plus de 130 personnes.

Au total plus de 45 heures de formation dispensée.

Ce déplacement a permis également de renforcer les liens établis avec la Ligue Réunionnaise de Karaté (affiliée à la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées) en la personne de son président nouvellement réélu, Alex Caro. Notre école, présente dans l’île depuis 1986, voit ses efforts couronnés par l’entrée de son Président, Jean-Marc HOUAREAU, au comité directeur de la Ligue.

Les contacts de Senseï avec le Président, et la reconnaissance de l’efficacité de sa méthode, ont également ouvert une nouvelle voie.

Patrick Mazaka est nommé entraîneur complémentaire des combattants de la Ligue de Karaté. Compte tenu du palmarès des Réunionnais au niveau national et international, la cible définie est la participation active aux jeux olympiques de Tokyo en 2020. Pour la première fois, le Karaté a été retenu comme discipline olympique.30-oct-2016-la-reunion

Je gage que les 4 titres de Champion du Monde WUKO de pascal Vigneron obtenus en décembre dernier ne sont pas étrangers à cette évolution.

Claude Thazard

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