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Tai-chi-chuan et Art de Combat : Parution 2017 Disponible sur Amazon.fr

2017 Tai-Chi-Chuan et Art de Combat

 

Extrait du dernier livre de Sensei Tokitsu disponible sur Amazon.fr

Le tai-chi-chuan de Wang Shù-jin 王樹金

L’idée que j’ai développée avec le terme kata s’applique également au tao-lu 套路 des arts martiaux chinois, notamment à celui du tai-chi-chuan. Par souci de simplification, j’utiliserai dorénavant le terme kata 型 pour désigner le tao-lu du tai-chi-chuan.

Rappelons ici que, selon la légende, Yang Lu-chan avait élaboré la matrice de son art à partir de la boxe des Chen, qu’il avait tout d’abord observée en cachette, la nuit, avant d’être admis officiellement aux entraînements du clan (son talent ayant plaidé en sa faveur).

Pour notre réflexion sur la méthode, l’anecdote concernant l’apprentissage de Yang Lu-chan dans la famille Chen n’a pas tellement d’importance. L’essentiel est plutôt de savoir comment Yang Lu-chan avait pu intégrer des éléments internes de la méthode de la boxe des Chen, qui pourtant était l’un des courants externes de la boxe de Shaolin. En effet, de nos jours, le tai-chi-chuan est considéré, en opposition aux arts du combat issus de la boxe de Shaolin, comme une des trois principales écoles internes avec le xing-yi-chuan et le bagua-zhang.

Nous verrons plus loin ce que recouvre la dénomination d’ « écoles internes ». Je soulève simplement ici une contradiction. Par quel processus la boxe des Chen, l’un des courants de la boxe de Shaolin, réputée « externe », pouvait-elle se transformer en tai-chi-chuan, lequel est réputé « interne »? Pour la réflexion sur les méthodes interne et externe des arts martiaux chinois, ce point est important. Je l’ai appris grâce une rencontre.

Du 28 au 30 Avril 2012, j’ai dirigé comme chaque année à Katsuura, au nord-est de Tokyo, un stage de Jisei-dô pour mes élèves du Japon. Le 1er mai, j’ai été convié à un dîner amical par trois maître d’arts martiaux: Me Kenji Shimazu (école du jû-jutsu Yagyû Shingan-ryû), Me Masaharu Mukai (école de sabre Toyama-ryû) et Me Mitsuo Hataya (école de sabre Toyama-ryû).

Après la démonstration de deux maîtres de sabre au dôjô de Machida, un quartier de Tokyo, nous nous sommes trouvés autour d’une table pour discuter sur les arts martiaux. Une discussion avec  K. Shimazu m’a particulièrement intéressé, me poussant à prendre des notes.

Kenji Shimazu, né en 1938 à Tokyo, est donc le maître principal de l’école classique du Jûjutsu-Kenpô Yagyû Shingan-ryû. Voici un point essentiel que je retiens de sa conversation. K. Shimazu me dit: « J’ai été l’un des premiers à avoir reçu l’enseignement en tai-chi-chuan de Me Wang Shù-jin 王樹金 au Japon.»

En effet, en 1958, Wang Shù-jin (1905-1981) âgé de 53 ans, était venu pour la première fois au Japon présenter les arts martiaux chinois dits internes (nèi-jia-chuan) tels que le tai-chi-chuan, le ba-gua-zhang et le xing-yi-chuan. Puis, à partir du début des années 1960, il s’est rendu au Japon à plusieurs reprises pour enseigner son art. Il est un pionnier de l’enseignement des arts martiaux chinois au Japon.

  1. Shimazu ajouta:

« Son enseignement du tai-chi-chuan était particulier et très différent de ce que vous voyez aujourd’hui. Il nous faisait pratiquer des séquences de tai-chi-chuan en utilisant toute la force possible. Il fallait nous exercer ainsi pour toutes les séquences du tai-chi-chuan en plaçant la force partout dans le corps. Pour terminer le tao-lu (les séquences du tai-chi-chuan), il nous fallait deux heures. Au bout d’une fois complète, nous étions totalement épuisés. »

J’ai été très surpris de l’entendre. J’avais moi-même appris cette forme de tai-chi-chuan et m’y exerçais depuis plus d’une trentaine d’années. Ce qui avait d’abord attiré mon attention était le fait de s’exercer à des séquences de tai-chi-chuan en employant toute la force possible. Ensuite, ça a été le temps nécessaire pour finir le tao-lu dans ces conditions: deux heures. En effet, pour l’exécution de cette forme du tai-chi-chuan, on distingue habituellement trois modes d’exécution: rapide (5 à 7 minutes), à vitesse moyenne (15 à 20 minutes) et  lent  (30 à 35 minutes). K. Shimazu a continué ainsi:

« Je dois vous signaler que le tai-chi-chuan qu’il nous enseignait n’avait rien à voir avec ce qu’on fait et voit aujourd’hui. Mais quelques années plus tard, il a modifié sa façon de l’enseigner. Le tai-chi-chuan a été modifié aussi par ses élèves qui sont devenus plus tard célèbres au Japon […]. »

Ce sur quoi je lui ai posé une question:

  « Vous exerciez-vous alors au tai-chi-chuan avec des contractions musculaires?

– Bien sûr, m’a-t-il répondu.

« Depuis le début jusqu’à la fin, il nous fallait contracter tous les muscles du corps. Dès qu’on se relâchait, le maître nous corrigeait. Cela durait deux heures! Vous vous rendez compte? C’était épuisant. Il n’y a personne qui pratique le tai-chi-chuan de cette façon aujourd’hui, n’est-ce pas? »

Je lui ai alors posé une autre question:

« En vous écoutant, je ne peux m’empêcher de comparer le tai-chi-chuan que vous avez appris de Me Wang Shù-jin avec l’exécution du kata Sanchin de l’école Gôjû-ryû de karaté. Vous exerciez-vous alors au tai-chi-chuan à la manière du kata Sanchin de cette école?

 « Bien sûr, mais c’était plus pénible encore, bien plus pénible!  Une exécution du kata Sanchin ne dure que quelques minutes. Mais le tai-chi-chuan de Wang Shù-jin durait deux heures! Sans aucun relâchement! »

J’ai été très heureux d’avoir pu avoir cet entretien. Le propos de K. Shimazu m’a renforcé dans certaines de mes hypothèses sur la méthode du tai-chi-chuan. Je pense qu’il y a une forte corrélation avec la méthode du yi-chuan. J’en suis venu à me dire qu’en yi-chuan également, il pouvait y avoir certains malentendus sur la méthode.

Pour en revenir à l’enseignement initial de Wang Shù-jin, non seulement quelques autres maîtres de tai-chi-chuan, mais aussi les élèves directs de Wang Shù-jin reconnus comme étant ses successeurs s’exercèrent au tao-lu et l’enseignèrent très différemment par la suite. Pourquoi?

Nous devons avancer avec prudence tout en réfléchissant sur les trois points suivants:

– Quel était le niveau de Wang Shù-jin en arts martiaux?

– Quelles étaient la forme et la particularité du tai-chi-chuan de Wang Shù-jin?

– Pourquoi a-t-il fini par changer son mode de pratique?

Cette dernière question est essentielle. Les deux premières réponses décideront de l’importance à donner à cette troisième question. Pourquoi existent-ils donc des enseignements qui indiquent des directives opposées?

Au début des années 1980, dans un cercle d’arts martiaux chinois au Japon, j’ai appris la forme du tai-chi-chuan qu’avait enseignée Wang Shù-jin. J’ai rectifié cette forme du tai-chi-chuan lorsque j’ai séjourné une dizaine de jours à Taiwan en 1989. A cette occasion, j’ai étudié le xing-yi-chuan 形意拳, le bagua-zhang 八卦掌 et le tai-chi-chuan 太極拳 sous la direction de Me Lài Tian-zhào, un des élèves de Wang Shù-jin.

Deux ans plus tard, j’ai invité Me Wang Fu-lai, élève de Wang Shu-jin, pour un stage du tai-chi-chuan que nous avons organisé dans la région parisienne. J’ai pu m’exercer sous sa direction durant une dizaine de jours.

Je savais que les deux maîtres Lài Tian-zhào et Wang Fu-lai étaient des condisciples en tant qu’élèves de Wang Shù-jin, et que Wang Fu-lai, l’aîné des deux, était reconnu comme le successeur officiel de l’école de son maître.

J’ai beaucoup apprécié et appris de l’enseignement de ces deux maîtres, surtout de leur précision et de leurs subtilités gestuelles. Les deux maîtres pratiquaient et enseignaient la même forme technique, celle qu’ils avaient apprise de Wang Shù-jin. Pour toutes les techniques, ils s’exerçaient, l’un comme l’autre, avec un grand relâchement du corps. Ils n’acceptaient des élèves aucun geste avec contraction musculaire. Ils n’ont jamais montré ni enseigné aucun usage particulier de la force musculaire.

Bien que j’aie apprécié la finesse de leurs gestes, je n’ai pas été satisfait pour ce qui est de ma recherche de l’efficacité en arts martiaux. J’ai dû constater que ces deux maîtres n’avaient que peu d’expérience en combat. Au contraire, l’un des élèves proches de Wang Shù-jin, témoigne d’une grande capacité en combat de son maître[1].

Nous savons que les capacités et qualités en technique de combat se forment et se renforcent au travers de la pratique du combat. Apparemment, les deux maîtres que j’ai mentionnés plus haut ne pratiquaient pas le combat comme leur maître. Or, si on ne le pratique pas, il n’y a pas lieu de parler d’efficacité. Bien qu’ils aient d’excellentes qualités gestuelles, que j’ai pu apprécier et apprendre, j’ai dû constater également cette divergence fondamentale entre nous. Je ne les ai pas revus depuis.

J’ai continué à m’exercer à la forme du tai-chi-chuan que j’avais apprise de ces deux maîtres. Au cours des années, j’ai dû apporter plusieurs modifications, principalement en suivant deux critères: l’efficacité technique en combat et la logique énergétique conforme au principe du tai-chi. Je continue à pratiquer cette forme du tai-chi-chuan actuellement. Comme je l’ai déjà écrit, je considère que l’authenticité du tai-chi-chuan tient au degré de réalisation du principe et non à la carapace formelle conforme à certaines règles.

Voici les informations que j’ai pu rassembler sur ce point. Wang Shù-jin est né à Tianjin en 1905 et est mort en 1981.

Il commence à pratiquer le xing-yi-chuan et le bagua-zhang vers l’âge de 15 ans et devient officiellement l’élève (bài-shi 拝師)de Zhang Zhàn-kui à l’âge de 18 ans, en 1923.

D’après les documents dont je dispose, à la fin des années 1920, probablement vers 1929 ou 1930, il rencontre Wang Xhiang-zhai (1886-1963) qui demeurait à cette époque à Tianjin. Wang Shù-jin reçoit son enseignement, apprend le zhàn-zhuang (ritsu-zen) durant une année environ. Wang Xhiang-zhai avait quarante ans passé et Wang Shù-jin, environ 25 ans, avec une dizaine d’années de pratique du xing-yi-chuan.

Etant bouddhiste (du courant yi-guàn-dào 一貫道) et très pieux, Wang Shù-jin arrive à Taiwan en 1933 pour diffuser sa croyance. En 1946, après la 2nde Guerre Mondiale, le conflit à l’intérieur de la Chine s’intensifie et en 1949 le régime communiste s’établit, ce qui empêche Wang Shù-jin d’y retourner. Cette année-là, il avait 44 ans. Selon ces mêmes documents, je ne peux savoir s’il était retourné entre temps en Chine. Certains disent que depuis sa venue à Taiwan en 1933, il n’y est pas retourné.

A Taiwan, il fait la connaissance de Chen Pàn-ling (1891-1967) qui avait élaboré une forme de tai-chi-chuan de synthèse avec des éléments du tai-chi-chuan des écoles Yang, Wu, Chen et aussi des éléments techniques du xing-yi-chuan auquel il avait été initié à l’Institut d’arts martiaux Central de Nan-jing (南京中央国術館)….

Extrait du dernier livre de Sensei Kenji Tokitsu : Tai-chi-chuan et Art de Combat: Au-delà de la carapace corporelle Recherches et Réflexions pour une méthode des arts martiaux Disponible sur Amazon.fr

[1] Cf. Kôno Yoshiyuki, Jikyô jisoku («L’ultime enseignement de Maître Wang Shù-jin »), éd. Gendai-Shorin, Tokyo, 2003.

2017 Tai-Chi-Chuan et Art de Combat

Taté: les 8×2 boucliers pour le combat

Concept technique du Taté

Taté, le mot japonais signifiant  bouclier, qui est la clef pour mener efficacement le combat de percussion.
Dans le combat de percussion, nous pouvons former et utiliser l’équivalent du bouclier avec le corps, c’est la technique du taté. Il s’agit d’un nouveau concept technique dans le combat de percussion. Mais si le concept est nouveau, cette technique est aussi ancienne que l’art du sabre dont la culture a évité la conceptualisation technique, ce qui est la principale cause de la difficulté pour la traduction en langue moderne, y compris en Japonais.
La technique du bouclier, celle du  taté,  est essentielle pour l’art du combat de percussion. Pour la réaliser avec efficacité, il faut passer par l’exercice du kikô. Car la technique du taté nécessite la mobilité ainsi que la force produite à partir des zones des chakras qui seront formées par les exercices du kikô. Dans l’exécution technique, l’activation des zones des chakras doit s’associer avec l’intégration globale du corps.La défense active La garde de l’adversaire ne signifie pas seulement la position de défense, mais la position de garde doit se transformer à tout moment en attaque.

Pour mieux se rendre compte de l’implication de cette position, voici une situation comparable.
Imaginons que vous attaquez une forteresse gardée par des soldats armés qui sont prêts à tirer sur les ennemis qui s’approchent. Dans ce cas, la garde représente une attaque virtuelle. Vous savez que celui qui s’en approche recevra une attaque, donc vous ne risquez pas de vous en approcher tant que la garde est prête à tirer.

Si vous voulez vous en approcher en toute sécurité, soit vous avancez derrière un bouclier suffisamment large et robuste, soit vous devez neutraliser la garde.

La position de garde de combat est comparable. Car, n’oublions pas que la position de garde peut se transformer à tout moment en attaque. Donc la garde est une attaque virtuelle. Si la garde se transforme en une attaque, vous la parez. C’est la défense passive, face à l’adversaire qui a pris l’initiative d’attaque.

Mais, avant même que la garde de l’adversaire se transforme en attaque, si vous la neutralisez, c’est une défense active.

Empêchant la garde de l’adversaire de se transformer en attaque, la défense active est celle par laquelle vous pouvez créer un instant opportun pour réussir votre attaque. Nous pouvons considérer que la défense active est une clef pour gagner au combat.

Habituellement, la défense est conçue sous un angle passif, mais la défense passive est insuffisante. Il faut concevoir activement la défense si vous voulez mener le combat à votre avantage.

L’idée de la défense active va plus loin. Car elle peut aller jusqu’à la dissuasion. Si, chaque fois que l’adversaire prend la garde pour attaquer, vous la cassez, vous étouffez son attaque virtuelle. En étouffant les attaques virtuelles, vous parviendrez à étouffer son intention de l’attaque. C’est l’idéal de la défense active.

Sitôt que l’adversaire prend la garde, vous la cassez. Cela signifie que sitôt qu’il veut prendre la garde pour attaquer, vous la cassez afin qu’il ne puisse même pas la prendre. Pour aller plus loin encore, sitôt qu’il pense prendre la garde pour attaquer, vous étouffez sa pensée, soit par votre attitude, soit par l’expression de votre énergie, c’est bien plus que la feinte. Vous empêchez ainsi sa pensée de vous attaquer.

Je pense qu’en poussant cette attitude technique, nous pouvons chercher à conduire l’adversaire à une situation où il aura du mal à placer sa force. Mais dans la pratique, il ne s’agit pas d’idéaliser. Nous allons nous exercer d’une manière stable aux techniques du taté et ura-taté qui nous conduiront aux défenses passive et active, ce qui nous permet d’accéder à une perspective ouverte des arts martiaux.

NB/ Pour que la technique du taté soit efficace, il faut savoir activer les chakras en intégrant globalement le corps, d’où la nécessité de la pratique du kikô et du ritsu-zen. Durant le stage, nous avons appliqué les techniques du tai-chi-chuan sous cet angle.
Exercices du taté

– La position de départ est unique, car la technique de bouclier s’exerce toujours à partir d’une position qui correspond à celle du ritsu-zen avec les paumes dirigées en face à la hauteur du sternum. C’est aussi une position basique du combat où vous vous sentez prêt à vous défendre ou d’attaquer.
– A partir de cette position de base, vous pouvez former la technique du bouclier de 8 manières différentes. Chaque bouclier répond à la situation particulière d’une attaque.
Lorsque vous utilisez la technique du taté (bouclier) en défense active, elle comportera naturellement et spontanément une technique d’attaque.
Vous le voyez dans les images filmées.
Voici les principales techniques de bouclier ou de taté :
1- Osae-taté : bouclier appuyant (contre un coup direct au tronc ou au visage)
( fermeture des chakras)
2- Uki-taté : bouclier flottant (contre un coup direct au visage)
(ouverture verticale des chakras)
3- Maneki-taté : bouclier en réception (contre un coup direct au tronc ou au visage)
(ouverture, puis la fermeture oblique des chakras)
4- Hiki-taté : bouclier (en ramenant) (contre un coup direct au visage)
(fermeture des chakras)
5- Sashi-taté  : bouclier perçant (contre un coup direct au tronc ou au visage)
( fermeture des chakras)
6- Toji-taté : bouclier de fermeture (contre un upper cut)
(fermeture des chakras)
7- Hari-taté-jôdan: bouclier en ouvrant en haut (contre une frappe circulaire au visage ou un coup de pied circulaire)
(ouverture horizontale des chakras)
8- Hari-taté -gedan: bouclier en ouvrant en bas (contre une frappe circulaire au tronc ou un coup de pied direct ou circulaire)
(ouverture horizontale des chakras)

Approfondissement de Taté

Pour l’exercice et l’application du taté, il existe omoté (technique apparente) et ura (technique dissimulée). Les techniques expliquées ci-dessus sont celles des omoté-taté.
La technique de ura-taté pourrait avoir un effet spectaculaire, car par l’application de cette technique face à une attaque de poing ou de pied de l’adversaire, elle vous permettra quelque fois de vous placer face au dos de l’adversaire. Il ne s’agit pas de chercher cette situation qui pourrait plaire à un spectateur pour qui la qualité de la pratique l’intéresse peu.
Je vous explique simplement la logique de la construction technique dont la compréhension nécessitera probablement la vision des images.
Vous ne pourriez exécuter efficacement ura-taté que lorsque vous vous êtes parvenu à bien exercer des omoté-taté. Car ce dernier se réalise en rajoutant un geste sur le premier. A savoir, vous croisez l’autre main à la manière de « croiser en diagonale ». Cette application technique est appelée quelques fois « kôsa-hô », méthode de croisement.

Détails techniques

Pour réaliser la technique ura-taté, il faut d’abord bien intégrer la technique d’omoté-taté.
Vous parez d’abord avec omoté-taté. Vous croisez en même temps l’autre main en « kôsa-hô ». Cette main pourra faire pivoter corps de l’adversaire à un petit angle, tandis que vous pivoterez en même temps à un autre petit angle opposé. Par l’addition des mouvements de pivot aux deux directions opposées, l’efficacité technique se produit. C’est-à-dire : ¼ de cercle +¼ de cercle = ½ cercle = face au dos de l’adversaire. Ainsi avec une parade vous vous situez face au dos de l’adversaire.
C’est un fait simple. Mais pour le réaliser dans le combat, il ne faut pas le chercher, car il doit venir spontanément. C’est là le résultat de l’entraînement.
Comme j’ai expliqué plus haut, l’efficacité de technique du taté dépendrait de la qualité de l’activation des chakras et des muscles volontaires secondaires.(Rappel)
L’explication verbale paraît complexe, mais vous pourriez comprendre immédiatement en visionnant des images filmées.

Ura-taté et le légende de sankaku-tobi

Dans le légende du karaté classique existe une technique nommé « sankaku-tobi » qui de traduit littéralement par « le saut triangulaire ». Mais cette expression d’origine n’est pas tout à fait juste pour exprimer ce qu’elle veut exprimer. Elle aurait du s’exprimer plutôt « sauter et former en l’air un angle comme ^ en horizontal », ce qui pourrait dire aussi « sauter en contournant l’adversaire pour se placer derrière lui, et face à son dos ».
Cette légende du karaté ancien exprime une situation de combat où un combattant se place le dos au falaise au pieds de laquelle la mer se déchaîne en faisant entrevoir des roches rudes. Il ne peut plus reculer. Il est dans une situation limite… C’est alors que l’adversaire lui lance une attaque. Que faire ?
A cet situation où il ne peut en aucun cas reculer, il sautez vers son adversaire, mais en le contournant légèrement. Ce qui a fait inverser la position des deux combattants. Il est face à l’adversaire qui se place maintenant son dos au bord de falaise…
Telle est la situation raconté de « sankaku-tobi » dans le légende du karaté classique d’Okinawa.
A propos de cette technique légendaire, voici mon expérience.
Me Shôzan Kubota était un des aînés de mon dojo de karaté à l’université Hitotsubashi au Japon. Il était un des brillants élèves de Me Gichin Funakoshi. Durant sa jeunesse, il a été surnommé « Kubota de sankaku-tobi ». Car, lorsque son adversaire attaquait, S. Kubota se trouvait souvent face au dos de son adversaire. Aux yeux des autres, il paraissait que Kubota a fait un rapide geste de saut en avant oblique pour se trouver dans cette position.
Vivant en France, je rentrais au Japon chaque année pour recevoir son enseignement entre mes 28 et 36 ans.
Un jour, je lui ai posé une question.
«  Maitre, j’ai entendu parler que vous étiez surnommé «Kubota de sankaku-tobi » dans la jeunesse. Que veut dire la technique de sankaku-tobi ?  Comment est-il possible de sauter d’une manière courbée comme dit cette expression ? »
Sur ce, maître Kubota me répondit :
« Personne ne peut sauter en changer la direction en air. L’expression sankaku-tobi n’est qu’une description de conséquence technique. Je n’ai jamais sauté, mais le résultat était comme si j’avais sauté… L’essentiel de cette technique consiste à un taï-atari (collision volontaire). Lorsque l’adversaire lance son attaque, tu avance tout ton corps avec autant sinon plus d’élan que ton adversaire tout en te plaçant ton corps en oblique. A l’instant de collision il te faut un petit mouvement subtil. C’est ce que tu élaboreras toi-même… »
La technique d’ura-taté est le résultat de mon élaboration personnelle.

1- Osae-taté : bouclier appuyant (contre un coup direct au tronc ou au visage) ( fermeture des chakras)

 

2- Uki-taté : bouclier flottant (contre un coup direct au visage) (ouverture verticale des chakras)
3- Maneki-taté : bouclier en réception (contre un coup direct au tronc ou au visage) (ouverture, puis la fermeture oblique des chakras)
4- Hiki-taté : bouclier (en ramenant) (contre un coup direct au visage) (fermeture des chakras)
5- Sashi-taté : bouclier perçant (contre un coup direct au tronc ou au visage) ( fermeture des chakras)
6- Toji-taté : bouclier de fermeture (contre un upper cut) (fermeture des chakras)
7- Hari-taté-jôdan: bouclier en ouvrant en haut (contre une frappe circulaire au visage ou un coup de pied circulaire) (ouverture horizontale des chakras)

8- Hari-taté -gedan: bouclier en ouvrant en bas (contre une frappe circulaire au tronc ou un coup de pied direct ou circulaire) (ouverture horizontale des chakras)